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Neurologie2023Ampleur : 1 sur 3, preuve de concept

Maladie de Parkinson : une montre connectée peut-elle la repérer des années avant le diagnostic ?

Dans Nature Medicine en 2023, des chercheurs montrent qu'un modèle d'IA analysant les mouvements enregistrés par un accéléromètre portable (de type montre) permet de distinguer les personnes qui développeront la maladie de Parkinson jusqu'à 7 ans avant leur diagnostic, mieux que la génétique, le mode de vie, les analyses de sang ou les premiers symptômes. Les performances restent modestes : c'est une piste de recherche, pas un test de dépistage.

Nature Medicine, 2023Read in English

Pourquoi chercher la maladie de Parkinson avant le diagnostic ?

La maladie de Parkinson est une maladie du système nerveux qui touche les mouvements et qui s'aggrave avec le temps. Elle a une longue « phase latente » : les cellules du cerveau s'abîment pendant des années avant que le diagnostic soit posé. Il n'existe pas aujourd'hui de traitement capable de modifier le cours de la maladie.

Pour tester de futurs traitements qui protégeraient le cerveau, il faudrait les donner le plus tôt possible. Or on manque de signaux fiables, appelés biomarqueurs, pour identifier ces personnes à l'avance.

Qu'ont fait les chercheurs ?

L'équipe a utilisé la UK Biobank, une immense base de données de santé britannique. Elle a étudié les données d'accélérométrie, c'est-à-dire les mesures de mouvement enregistrées par un appareil portable, chez des personnes de la population générale.

Des modèles d'apprentissage automatique (des programmes qui apprennent à reconnaître des motifs à partir de beaucoup d'exemples) ont été entraînés pour distinguer les personnes ayant un Parkinson diagnostiqué (153 personnes), celles qui ont reçu un diagnostic plus tard (113 personnes, jusqu'à 7 ans après la mesure) et le reste de la population (33 009 personnes). Ces modèles ont ensuite été comparés à d'autres, fondés sur la génétique, le mode de vie, la biochimie du sang ou des signes précoces.

Qu'est-ce que l'étude a montré ?

Les modèles basés sur l'accélérométrie font mieux que tous les autres types de données testés, que ce soit pour les cas déjà diagnostiqués ou pour ceux qui n'étaient pas encore diagnostiqués, jusqu'à 7 ans avant le diagnostic.

Le score utilisé, l'AUPRC, mesure si les personnes signalées sont bien de vrais cas lorsque la maladie est rare. Il va de 0 à 1. Pour les cas pas encore diagnostiqués, il est de 0,07, contre 0,01 pour la génétique, 0,03 pour le mode de vie, 0,01 pour la biochimie du sang et 0,01 pour les signes précoces.

Les chiffres clés

  • 7 ansavant le diagnostic : durée maximale sur laquelle les modèles ont repéré des cas non encore diagnostiqués
  • 33 009personnes de la population générale servant de comparaison
  • 0,07score AUPRC pour les cas non encore diagnostiqués, contre 0,01 à 0,03 pour les autres types de données

Qu'est-ce que ça change pour les patients ?

Rien de concret à ce jour pour un patient. Les auteurs voient dans l'accélérométrie un outil de dépistage potentiel, peu coûteux, pour repérer des personnes à risque et sélectionner des participants à des essais de traitements neuroprotecteurs.

Un tel outil ne dirait pas qu'on est malade, mais qu'un suivi plus attentif ou une inclusion dans un essai pourrait être utile.

Quelles sont les limites ?

Un score de 0,07 est faible en valeur absolue : beaucoup de personnes signalées n'auraient jamais de Parkinson. Utilisé seul, cet outil ne serait pas un test fiable. Il fait simplement mieux que les autres sources testées.

L'étude se fonde sur des données déjà collectées dans une cohorte. Elle ne montre pas que repérer ces personnes plus tôt améliore leur vie, ni que la méthode fonctionnera dans d'autres populations ou avec d'autres appareils. Cela doit être vérifié.

Parkinson et vie quotidienne : un coup de main de Mima

Cette étude est de la recherche : aucune montre ne peut aujourd'hui t'annoncer une maladie de Parkinson. Elle montre que les mouvements du quotidien pourraient un jour donner des indices précieux.

Si tu vis avec des tremblements ou de la raideur, ou si tu accompagnes un proche, Mima aide à raconter ce qui change et à garder une trace pour le neurologue. Une question à poser : « Quels signes dois-je vous signaler sans attendre ? »

Questions fréquentes

Ma montre connectée peut-elle détecter la maladie de Parkinson ?

Pas aujourd'hui. L'étude analyse des données d'accéléromètre de recherche et montre une piste de dépistage, mais ses performances restent faibles et elle n'est pas un test de diagnostic.

Pourquoi détecter la maladie si tôt ?

Parce que la maladie évolue longtemps sans symptômes évidents et que les futurs traitements protecteurs devraient être testés le plus tôt possible. Il faut pour cela repérer des personnes à risque.

Qu'est-ce que la UK Biobank ?

C'est une grande base de données de santé britannique rassemblant des informations sur un très grand nombre de participants, utilisée par les chercheurs du monde entier.

Cet outil est-il meilleur que les analyses de sang ou la génétique ?

Dans cette étude, oui : l'accélérométrie a obtenu de meilleures performances que la génétique, le mode de vie, la biochimie du sang et les signes précoces, selon l'étude parue dans Nature Medicine en 2023.

L'étude originale

Schalkamp AK, Peall KJ, Harrison NA, Sandor C. « Wearable movement-tracking data identify Parkinson's disease years before clinical diagnosis. » Nature Medicine, 3 juillet 2023. DOI : 10.1038/s41591-023-02440-2

Lire l'étude complète dans Nature Medicine

Cet article résume une étude scientifique et ne remplace pas un avis médical.