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Pédiatrie2018Ampleur : 1 sur 3, preuve de concept

Radios d'enfants et scanners de la rétine : une IA qui explique ce qu'elle voit

Une étude publiée dans la revue Cell en 2018 a montré qu'une même méthode d'intelligence artificielle peut aider à repérer des maladies de la rétine sur des scanners de l'œil, avec des performances comparables à celles d'experts, puis la pneumonie de l'enfant sur des radiographies du thorax. L'IA montre aussi les zones de l'image qui l'ont conduite à sa réponse.

Cell, 2018Read in English

Pourquoi les IA médicales ont-elles du mal à convaincre ?

Pour aider les médecins, un programme doit d'abord être fiable. Il doit aussi être compréhensible : si l'on ne sait pas pourquoi il donne une réponse, il est difficile de lui faire confiance. Ces deux défis freinent l'arrivée des aides à la décision dans les services d'imagerie médicale.

Un autre frein est le besoin de très grandes quantités d'images annotées pour entraîner ces programmes. Or réunir des images bien étiquetées par des médecins coûte du temps et de l'argent.

Les médecins préfèrent aussi savoir sur quoi une IA s'appuie, un peu comme on demande à un collègue d'expliquer son avis.

Que Kermany et ses collègues ont-ils fait ?

Les chercheurs ont construit un outil de dépistage pour des maladies de la rétine qui peuvent rendre aveugle mais qui se soignent. Ils ont utilisé une technique appelée apprentissage par transfert : au lieu de repartir de zéro, le réseau de neurones réutilise ce qu'il a déjà appris sur d'autres images. Il a ainsi besoin d'une fraction des données habituellement nécessaires.

Ils l'ont entraîné sur des images d'OCT (tomographie par cohérence optique), un scanner qui photographie les couches de la rétine en coupe. Ils ont aussi fait en sorte que le programme mette en évidence les régions de l'image qu'il a reconnues, pour rendre son diagnostic plus transparent.

L'idée de départ est simple : un réseau déjà entraîné à reconnaître des formes sur d'autres images garde ses « acquis » et n'a plus qu'à apprendre les particularités des examens médicaux. C'est ce qui permet d'économiser des données.

Qu'ont-ils observé ?

Sur les scanners de l'œil, le programme a classé la dégénérescence maculaire liée à l'âge et l'œdème maculaire diabétique avec des performances comparables à celles d'experts humains. Ce sont deux causes courantes de baisse de la vue qui se soignent mieux quand elles sont repérées tôt.

Les auteurs ont ensuite montré que la même approche fonctionne pour un tout autre problème : le diagnostic de la pneumonie de l'enfant à partir de radiographies du thorax. Cela suggère que la méthode peut s'adapter à plusieurs types d'images médicales.

Les auteurs notent que l'outil pourrait servir à accélérer le diagnostic et l'orientation, ce qui permettrait de traiter plus tôt. Mais ces mots décrivent un espoir, pas un résultat mesuré chez des patients dans l'étude.

Les chiffres clés

  • 2maladies de la rétine classées avec des performances comparables à celles d'experts (DMLA et œdème maculaire diabétique)
  • 1autre usage testé avec la même méthode : la pneumonie de l'enfant sur radio du thorax

Qu'est-ce que cela peut changer pour les patients ?

À terme, un tel outil pourrait aider à accélérer le diagnostic et l'orientation vers un spécialiste pour ces maladies qui se traitent. Plus tôt le traitement commence, meilleurs peuvent être les résultats pour le patient, selon les auteurs.

Ce n'est pas une promesse : l'étude décrit un outil possible, pas un outil déjà utilisé auprès de patients dans les hôpitaux.

Quelles sont les limites de cette étude ?

Il s'agit d'une démonstration de la méthode sur des banques d'images. Elle ne prouve pas que des patients ont été mieux soignés grâce à l'outil. Le résultat sur la pneumonie de l'enfant est présenté comme une preuve que la méthode est généralisable, pas comme un dispositif prêt pour la pratique.

L'étude ne remplace pas les essais menés dans de vrais services, avec de vrais patients, qui seraient nécessaires avant tout usage de routine.

Comprendre un examen d'imagerie, avec Mima

Pour l'instant, c'est de la recherche : un outil qui explique ce qu'il repère sur un scanner de l'œil ou une radio n'est pas encore dans ton hôpital. L'idée est de rendre l'orientation vers un spécialiste plus rapide.

Quand un examen d'imagerie est prévu, Mima t'explique en mots simples ce qui t'attend et rassemble tes questions. Tu pourras par exemple demander : « Pouvez-vous me montrer sur l'image ce qui vous intéresse ? » Elle note aussi la date de tes rendez-vous.

Questions fréquentes

Une IA peut-elle repérer une pneumonie sur une radio d'enfant ?

Dans cette étude de 2018, la méthode a été appliquée au diagnostic de la pneumonie de l'enfant sur des radiographies du thorax, pour montrer qu'elle peut servir à autre chose que l'œil. Ce n'est pas encore un outil validé en routine.

Qu'est-ce qu'un scanner OCT de l'œil ?

C'est un examen indolore qui fait une image en coupe de la rétine, au fond de l'œil, un peu comme une échographie utilise des ondes. Il aide à repérer des maladies qui menacent la vue.

Qu'est-ce que l'apprentissage par transfert ?

C'est une technique où un programme déjà entraîné sur d'autres images est adapté à une nouvelle tâche. Il a besoin d'une fraction des données qu'il faudrait pour repartir de zéro.

Pourquoi l'IA surligne-t-elle des zones de l'image ?

Pour que le médecin voie sur quoi elle s'est appuyée. Un diagnostic plus transparent est plus facile à vérifier et à discuter.

L'étude originale

Kermany DS, Goldbaum M, Cai W, et al. « Identifying Medical Diagnoses and Treatable Diseases by Image-Based Deep Learning. » Cell, février 2018. DOI : 10.1016/j.cell.2018.02.010

Lire l'étude complète dans Cell

Cet article résume une étude scientifique et ne remplace pas un avis médical.