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Mirai : estimer le risque de cancer du sein sur une mammographie

Dans une étude publiée dans Science Translational Medicine en 2021, des chercheurs ont présenté Mirai, un modèle d'intelligence artificielle qui estime, à partir d'une simple mammographie, le risque de développer un cancer du sein dans les années à venir. Testé dans trois hôpitaux (États-Unis, Suède, Taïwan), il a donné de meilleurs résultats que l'outil classique Tyrer-Cuzick.

Science Translational Medicine, 2021Read in English

Pourquoi estimer le risque de cancer du sein ?

Aujourd'hui, le dépistage du cancer du sein suit souvent des règles identiques pour toutes les femmes d'une même tranche d'âge. Les auteurs rappellent que de meilleurs modèles de risque permettraient de cibler le dépistage : détecter plus tôt les personnes qui en ont besoin et réduire les inconvénients du dépistage pour les autres.

Les outils classiques, comme le modèle Tyrer-Cuzick, combinent des informations de santé et des antécédents familiaux. L'idée de cette étude est de tirer parti de la mammographie elle-même, qui contient des informations que l'œil humain ne perçoit pas forcément.

Qu'ont fait les chercheurs ?

Ils ont développé Mirai, un modèle d'apprentissage profond, c'est-à-dire un programme qui apprend à reconnaître des motifs en observant un très grand nombre d'images. Mirai a été entraîné sur un large jeu de données du Massachusetts General Hospital (MGH), aux États-Unis.

Il a été conçu pour trois choses : estimer le risque à plusieurs échéances, tirer parti d'informations de risque parfois manquantes (par exemple les antécédents), et donner des estimations cohérentes d'un appareil de mammographie à l'autre. Il a ensuite été testé sur des jeux de données mis de côté, provenant du MGH, de l'hôpital universitaire Karolinska en Suède et de l'hôpital Chang Gung Memorial à Taïwan.

Quels résultats ont été obtenus ?

Les auteurs mesurent la performance par le C-index, un score qui indique si le modèle classe correctement les femmes selon qu'elles développent ou non un cancer (0,5 correspond au hasard, 1 à un classement parfait). Mirai obtient 0,76 au MGH, 0,81 à Karolinska et 0,79 à Chang Gung.

Les auteurs rapportent aussi que Mirai obtient des aires sous la courbe ROC à 5 ans significativement plus élevées que le modèle Tyrer-Cuzick. Les résultats sont donc bons non seulement dans l'hôpital d'origine, mais aussi dans des populations et avec des équipements différents.

Les chiffres clés

  • 0,76 / 0,81 / 0,79C-index de Mirai aux États-Unis (MGH), en Suède (Karolinska) et à Taïwan (Chang Gung).
  • 3 hôpitauxSites de test sur trois continents : Massachusetts General Hospital, Karolinska et Chang Gung Memorial.

Qu'est-ce que cela peut changer pour les femmes ?

Si de tels modèles sont validés en pratique, ils pourraient aider à proposer des dépistages plus ou moins rapprochés ou des examens complémentaires selon le risque estimé de chaque femme. Cela pourrait permettre de détecter plus tôt certains cancers et d'éviter des examens inutiles à d'autres.

Pour l'instant, Mirai reste un travail de recherche. Un score de risque n'est pas un diagnostic : il ne dit pas qu'une femme aura un cancer, seulement qu'elle a un risque plus ou moins élevé.

Comme la mammographie est déjà réalisée lors du dépistage, une estimation faite à partir de la même image n'exigerait pas d'examen supplémentaire.

Quelles sont les limites de cette étude ?

L'étude est rétrospective : elle utilise des mammographies déjà réalisées, dont on connaît l'évolution. Elle ne montre pas encore que l'usage de Mirai en consultation améliore la santé des femmes ou le dépistage dans la vraie vie.

Les trois hôpitaux testés ne représentent pas toutes les populations ni tous les équipements. Les auteurs soulignent qu'il faudra encore affiner la précision du modèle et démontrer qu'il peut améliorer le fonctionnement des services avant un usage clinique.

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Mirai est encore un outil de recherche : si ce type d'IA entre un jour dans les centres de dépistage, il pourrait aider à adapter le rythme des examens à chaque femme. Aujourd'hui, ce n'est pas proposé partout.

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Questions fréquentes

Une IA peut-elle estimer le risque de cancer du sein à partir d'une mammographie ?

Selon cette étude de 2021, oui : le modèle Mirai estime le risque et obtient de bons résultats dans trois hôpitaux (États-Unis, Suède, Taïwan), supérieurs à ceux du modèle classique Tyrer-Cuzick.

Mirai dit-il si une femme aura un cancer ?

Non. Il donne une estimation du risque, pas un diagnostic. Une femme à risque élevé n'aura pas forcément de cancer.

Qu'est-ce que le C-index ?

C'est un score de 0,5 (hasard) à 1 (parfait) qui mesure si le modèle classe correctement les personnes selon leur risque. Mirai obtient entre 0,76 et 0,81 selon l'hôpital.

Mirai est-il utilisé en consultation ?

Cette étude est rétrospective. Elle ne montre pas encore d'effet sur les patientes en pratique courante.

L'étude originale

Yala A, Mikhael PG, Strand F, et al. « Toward robust mammography-based models for breast cancer risk. » Science Translational Medicine, janvier 2021. DOI : 10.1126/scitranslmed.aba4373

Lire l'étude complète dans Science Translational Medicine

Cet article résume une étude scientifique et ne remplace pas un avis médical.