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Diabète de type 1 : une IA guide les réglages d'insuline aussi bien que des médecins

Dans un essai randomisé publié dans Nature Medicine en 2020, un système d'IA a guidé les réglages de la pompe à insuline de jeunes atteints de diabète de type 1 aussi bien que des médecins de centres spécialisés. Chez 108 participants de 10 à 21 ans, le temps passé dans la cible de glycémie était de 50,2 % avec l'IA contre 51,6 % avec les médecins. Aucun événement grave lié au diabète n'est survenu dans le groupe IA.

Nature Medicine, 2020Read in English

Pourquoi est-il si difficile de bien régler l'insuline ?

Dans le diabète de type 1, le corps ne fabrique plus d'insuline, l'hormone qui fait entrer le sucre du sang dans les cellules. Beaucoup de personnes utilisent une pompe à insuline, qui la délivre en continu, et un capteur de glycémie, qui mesure le sucre dans le sang en permanence.

Malgré ces appareils, la plupart des personnes atteintes n'atteignent pas leurs objectifs de glycémie. Les auteurs évoquent un manque d'expertise ou un manque de temps des médecins pour analyser les données complexes de la pompe et du capteur.

Réussir à garder la glycémie dans la cible demande des ajustements fréquents, qui dépendent de l'alimentation, de l'activité et de la croissance chez les jeunes. C'est précisément le genre de tâche répétitive où une aide à la décision pourrait être utile.

Comment l'essai a-t-il été mené ?

L'essai s'appelle ADVICE4U. Il a duré 6 mois, dans plusieurs centres de différents pays. Cent huit jeunes de 10 à 21 ans, tous équipés d'une pompe à insuline, ont été répartis au hasard en deux groupes de 54.

Dans un groupe, les réglages de l'insuline étaient ajustés à distance toutes les trois semaines sur les conseils du système d'IA. Dans l'autre, ils l'étaient avec l'aide de médecins de centres universitaires spécialisés dans le diabète. Le but était de vérifier que l'IA n'était pas moins efficace ni moins sûre : on parle d'essai de non-infériorité.

Quels ont été les résultats ?

Le critère principal était le temps passé dans la cible de glycémie, entre 70 et 180 mg/dl (3,9 à 10,0 mmol/l). Il était de 50,2 % dans le groupe IA et de 51,6 % dans le groupe médecins : l'IA est donc non inférieure.

Pour les hypoglycémies sévères, le pourcentage de mesures sous 54 mg/dl était de 1,3 % avec l'IA et de 1,0 % avec les médecins, ce qui reste non inférieur. Trois événements graves liés au diabète (deux hypoglycémies sévères et une acidocétose, une complication grave due à un manque d'insuline) sont survenus chez les patients suivis par des médecins, et aucun chez ceux suivis par l'IA.

En clair, les jeunes suivis avec l'aide de l'IA ont passé à peu près autant de temps dans la cible que ceux suivis par les médecins, sans signal de danger supplémentaire dans cet essai.

Les chiffres clés

  • 50,2 % contre 51,6 %du temps passé dans la cible de glycémie, avec l'IA et avec les médecins
  • 108jeunes de 10 à 21 ans inclus, 54 par groupe, sur 6 mois
  • 0 contre 3événements graves liés au diabète, dans le groupe IA et dans le groupe médecins

Qu'est-ce que cela pourrait changer pour les patients ?

Si cet outil se confirme, il pourrait aider les équipes à suivre davantage de patients, plus souvent, avec des réglages mieux adaptés, sans que tout repose sur le temps d'un médecin. Cela pourrait compter pour les jeunes dont les réglages doivent être revus régulièrement.

Il ne s'agit pas d'un pancréas artificiel qui agit seul : ici, c'est un système qui propose des ajustements de dose, à distance, toutes les trois semaines.

Les médecins gardent un rôle central : ils décident du cadre du traitement, et c'est à eux de juger si une proposition de l'IA est adaptée à la situation du jeune.

Quelles sont les limites de cette étude ?

L'essai est de taille modeste : 108 jeunes. L'IA a été comparée à des médecins de centres spécialisés ; on ne sait pas ce qui se passerait face à un suivi plus ordinaire. Le critère testé était la non-infériorité : l'IA fait aussi bien, pas mieux.

Les auteurs ne montrent pas d'avantage sur la durée au-delà de 6 mois. D'autres études, avec plus de participants et d'autres groupes d'âge, sont nécessaires avant un usage courant.

Enfin, l'étude donne les résultats moyens de groupes : elle ne dit pas comment l'IA se comporterait pour un jeune en particulier.

Diabète de type 1 : tes réglages au quotidien, avec Mima

Dans cet essai, un système d'IA a guidé les réglages d'insuline aussi bien que des médecins. Il est encore à l'étude, et c'est ton équipe de diabétologie qui décide de tes réglages. Aucun changement sans son accord.

Mima t'aide à noter tes journées (repas, sport, fatigue, sommeil) pour que le rendez-vous parte de faits clairs, sans tableur. Tu peux demander : « Mes réglages peuvent-ils être revus plus souvent, et à quoi devrais-je faire attention entre deux rendez-vous ? »

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le temps dans la cible ?

C'est la part du temps où la glycémie reste entre 70 et 180 mg/dl (3,9 à 10,0 mmol/l). Plus elle est élevée, mieux le diabète est équilibré.

L'IA remplace-t-elle le médecin ?

L'essai montre qu'elle a guidé les réglages aussi bien que des médecins de centres spécialisés. Il ne dit pas qu'elle peut les remplacer.

Qu'est-ce qu'un essai de non-infériorité ?

C'est un essai qui cherche à montrer qu'une nouvelle méthode n'est pas moins bonne qu'une méthode de référence, à une marge près. Il ne montre pas qu'elle est meilleure.

Cet outil est-il disponible pour les patients ?

L'étude est un essai de recherche chez 108 jeunes. Elle ne dit pas que l'outil est déjà utilisé en routine.

L'étude originale

Nimri R, Battelino T, Laffel LM, et al. « Insulin dose optimization using an automated artificial intelligence-based decision support system in youths with type 1 diabetes » Nature Medicine, 9 septembre 2020. DOI : 10.1038/s41591-020-1045-7

Lire l'étude complète dans Nature Medicine

Cet article résume une étude scientifique et ne remplace pas un avis médical.